Pourquoi courir?

Je ne suis qu’une paire de yeux, je ne suis qu’une spectatrice. Trop près pour n’en avoir rien à faire, trop loin pour pouvoir y prendre part.

Mais je vois leurs réactions, je sais ce qu’ils pensent. Du moins, je sais ce qui m’est confié. Alors je fais ce que je peux en n’y comprenant que la moitié, et je me laisse courir après cette voiture qui me laisse sur le bord de la route, allant un peu trop vite pour moi, de telle sorte que je sois toujours obligée de courir.

Mais je ne suis pas invincible, je n’ai pas une endurance infinie. Alors je me pose la question: “Vaut-il vraiment la peine que tu continues à leur courir après? Ne peux-tu pas les laisser partir?”

En y pensant, je me rends compte que si j’abandonne alors je n’aurais plus rien en commun avec eux. Après tout, je n’ai fait que de m’incruster depuis le départ. Ce n’est pas parce qu’ils sont sympas avec moi qu’ils me considèrent comme une amie plus proche que leurs camarades.

Avec elle non plus, je n’aurais plus grand chose à dire. Toutes ces années et toujours le même schéma. Pourtant c’est moi qui impose cette relation. Elle peut vivre sans moi, elle a vécu sans moi.

Donc je pense déclarer mon abandon dans quelques jours, me retirer de ce jeu où je ne joue pas, où je n’ai jamais joué.

Etant spectatrice, on voit quand même beaucoup. Pourquoi n’es-tu pas aussi heureuse que tu pourrais l’être? Tes propres problèmes se règlent petit à petit alors profites-en. Ca te fera plus de bien et te donnera plus de forme pour mieux attaquer le reste ensuite.

De toute façon, on ne peux rien faire tant qu’il ne se décidera pas à révéler ses motivations. Tout ce qu’on peut faire c’est attendre. Alors personne ne t’en voudra de vouloir t’occuper de ton propre bonheur un petit peu.