La vie et la mort d’Emily W.

Ceci est un article que j’ai écrit il y a environ 5 mois. Je ne voulais pas le publier trop tôt après l’incident. J’ai décidé aujourd’hui de le mettre à jour et de le publier, parce que c’est quand même un sujet qui me vient de temps en temps à l’esprit.

Ce matin, je me suis levée en me disant qu’aujoud’hui allait être un jour comme tous les autres. La tête de mon prof d’éco arrivant 10 minutes trop tard et l’absence de la classe de TES2 m’a tout de suite alerté au contraire. Pourquoi?

Parce que ce weekend, le contraire du miracle de la vie s’est produit. Une histoire avec un animal, une voiture et trois passagers plus chanceux que le quatrième. Je n’irai pas dans les détails, vu que je n’en suis pas tellement sûre moi-même. En tout cas, j’offre toutes mes condoléances à sa famille.

Mais le pire sentiment en ce moment est celui de ne ressentir presque rien. Je ne le connaissais pas particulièrement, il devait me connaître encore moins, et pourtant je vois des amis qui le connaissaient et qui souffrent, et je ne peux pas m’identifier à eux. Que faut-il leur dire? Que faut-il faire? Et donc, cette sensation désagréable d’être sans âme parce que moi, j’arrive à rire, à sourire, à vivre normalement.

S’est accompagné de cet évenement, la continuation d’une réflexion débutée il y a quelques temps: si je devais mourir demain, quels instructions est-ce que je laisserai?

Parce qu’une fois la vie terminée, il n’y a plus moyen de communiquer avec ceux qu’on aime, avec ceux qu’on a aimé. Les impressions qu’ils auront de toi dépenderont surtout de ce que tu as fait avant de mourir, et il y a beaucoup de choses qui sont faits à contre-coeur.

Alors moi, qu’est-ce que je dirai?

La première chose que je demanderai, c’est qu’on prévienne mes amis en ligne. Depuis l’âge de 13 ans, je fréquente un forum et j’ai créé des liens avec certains des membres. Je ne les ai pas rencontrés, à part une (et qu’est-ce que j’ai aimé pouvoir la rencontrer!), mais ça ne change en rien que je les considère comme des amis. Je sais aussi comment c’est d’avoir quelqu’un qui disparait soudainement et de ne pas savoir ce qui lui est arrivé, et donc si il y avait une chose à faire, ce serait de leur dire ce qui s’est passé.

Je voudrais aussi que tous ceux que je vois régulièrement sachent à quel point je suis contente de les avoir connu. Je pense que beaucoup ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont d’avoir des personnes qui sont là pour eux, même si c’est juste de temps en temps, pour passer une heure à discuter ou quelque chose comme ça.

Et même si je peux râler de temps en temps, si une personne m’énerve ou une autre a fait telle chose, je n’en voudrais à personne parce que la vie est trop courte pour tenir des choses insignifiantes contre les autres. Le monde ne s’est pas arrêté de tourner et personne n’est mort à cause de ce qu’ils ont fait, normalement. Et donc, même si je ne l’aurais pas oublié, car je me rappelle presque de tout quand il s’agit de personnes, je l’aurais sûrment pardonné.

Ma famille aussi, malgré toutes les fois où j’étais très difficile, a toujours été là pour moi et m’a permise des dizaines d’opportunités. Je sais que j’ai eu de la chance.

Mais tout ça commence à devenir déprimant et donc voilà ce que je pense aujourd’hui, au cas où je devais mourir bientôt. J’espère quand même pouvoir vivre un peu plus longtemps que ça, car 17 ans n’est pas si long que ça! J’ai trop de rêves pour vouloir m’en aller maintenant.

Ecrit en partie le 8 décembre 2008, et en partie le 11 mai 2009.

1 comment to La vie et la mort d’Emily W.

  • Manon

    17 ans c’est pas si long, ça fait 7 ans qu’on se connait bientôt et on aurait encore tant de choses à dire …

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